III- Traitement de l'insuffisance rénale

Dialyse

En cas de dysfonctionnement des reins, la dialyse leur substitue une épuration extra-corporelle. Quelques séances, en complément d'un traitement médicamenteux, suffiront parfois. Mais si les reins sont définitivement hors d'état, un traitement récurrent par dialyse, à vie, devient nécessaire. Seule alternative : la greffe de rein, si l'état général le permet, et à condition de trouver le donneur compatible.

La dialyse, ou épuration extra-rénale, permet de pallier à la détérioration complète des reins

- soit en attendant une greffe de rein, car l'attente d'un donneur compatible est souvent longue.

l'attente d'un donneur ...

En 2010, en France :


- soit en tant que traitement permanent, qui permet d'assurer une existence quasi normale aux insuffisants rénaux.

Deux méthodes sont pratiquées : dialyse péritonéale et hémodialyse.

Dialyse péritonéale

Le péritoine est une fine membrane qui tapisse l'intérieur de l'abdomen, y délimitant une cavité entre la peau et les divers organes. La dialyse péritonéale consiste à injecter un liquide dans cette cavité par un cathéter (tube souple inséré dans une cavité du corps ou un vaisseau) mis en place à demeure dans la paroi de l'abdomen, au moyen de poches de 2 litres renouvelées 4 fois par jour. Le péritoine tient alors lieu de surface de filtration. La pratique de cette méthode de dialyse reste minoritaire en France (7% en 2010). Elle n'a pas été retenue en Guinée essentiellement pour des raisons de coût d'acheminement des consommables, en particulier des poches de liquide.

Hémodialyse

Fistule L'épuration est effectuée sur un filtre externe ( dialyseur ). Une fistule artério-veineuse (ci-contre) doit être préalablement créée par un chirurgien, généralement à l'avant-bras, afin d'assurer un débit de sang suffisant. Au début de chaque séance d'hémodialyse, deux lignes (départ et retour, terminées par des aiguilles) sont piquées dans cette fistule et connectées au dialyseur, dans lequel circule un liquide (dialysat) fabriqué par une machine permettant d'adapter sa composition en fonction des paramètres spécifiques du patient.
Les échanges au niveau des surfaces filtrantes (membrane microporeuse de 1 à 2m2) s'opèrent dans les deux sens par mise en équilibre entre les fluides : le sang abandonne les résidus métaboliques et l'eau excédentaire, le dialysat apporte les divers éléments pour lesquels une carence a été détectée. Au cours de la séance, d'une durée d'environ 4 heures, la totalité du sang du patient transite par le dialyseur. Trois séances par semaine sont généralement nécessaires.

L'hémodialyse se pratique soit en centre spécialisé, soit dans de petites unités d'auto-dialyse, soit encore à domicile. Elle permet une vie normale entre les séances, et peut même se pratiquer la nuit, pendant le sommeil, libérant ainsi les journées du patient. Le dialysé peut même voyager, beaucoup de pays (dont la Guinée, voir Séjour en Guinée et dialyse) offrant des structures de dialyse susceptibles de les accueillir.

dialyseur

Dialyseur

Dialyseur Gambro AK200

Hémodialyse en Guinée

Deux centres d'hémodialyse ont été ouverts en Guinée (voir Hémodialyse en Guinée), à Conakry, en 2001 le Centre Associatif de Gbessia, en 2002 le centre National de l'Hôpital Donka. Ils restent très insuffisants face aux besoins, estimés à 400 000 patients sur l'ensemble de la population. En outre le coût d'une séance représente le salaire mensuel moyen d'un Guinéen, ce qui met le traitement hors de portée du plus grand nombre malgré le soutien financier du gouvernement guinéen et des aides associatives.

La généralisation de la dialyse dans les pays du "Sud" reste un objectif lointain, impliquant un effort financier soutenu et une ferme volonté politique. Les campagnes naissantes de prévention et de dépistage contribueront à endiguer le développement des maladies rénales, mais il sera néanmoins nécessaire de consolider les centres de dialyse existants et d'en ouvrir de nouveaux sur l'ensemble du territoire.